C'est incroyable ce que la décomposition de végétaux peut produire sur le cerveau humain. D'un côté, une horde d'aficionados avait coché ce RDV depuis longtemps et salivait à l'entrée du magasin. De l'autre, la 2nde moitié du Club s'était barricadée chez elle, nez bouchés.

En tout cas, on ne peut pas reprocher aux premiers de moins connaître le whisky. Les différences de tourbe, de localisation géographique, ... ont été déjouées. Bravo à tous, vous êtes au top ! C'est parti, chaud devant !


  • CAOL ILA W&M - 2000

Quelques (nouveaux) membres du Club revenaient d'Islay. Ils ont confirmé ce qu'on peut lire : Caol Ila est devenue une distillerie bien trop moderne pour qu'on s'y attarde (en visite comme en commentaires). Côté embouteilleur par contre, encore une belle (sélection) italienne. Un style classique nettement marqué par la cendre, un degré au plus juste (48°) qui soutient la finale et un panier de fruits bien agréable. Curieuses sensations : les dégustateurs du 19 ont reproché la jeunesse (trop sur la poire) alors que ceux du 20 ont adoré la délicatesse.

  • HOUSE MALT

Bien qu'il y ait des liens avec le précédent, le style est totalement différent. Ici ce sont les agrumes qui prennent le pas (citron comme dans les vieilles versions Caol Ila de BB) avec le goudron. La réglisse marque son empreinte. Le fût, la couleur, ... démocratisent l'approche, un beau succès. La finale est courte mais il est conçu comme un bon apéritif au degré intéressant. House_Malt.jpg

  • BENRIACH Birnie Moss

Changement d'habillage : celui qui "fût" créé pour se distinguer de la gamme classique Speyside de la distillerie rentre désormais dans le rang côté "flacon". Côté liquide par contre, pas de doute : 1 - c'est un tourbé mais 2 - c'est aussi un Speyside ! La tourbe est plus sèche. Nous ne distinguons pas la lignine, les aiguilles de pin ou la bruyère mais la perception gustative est plus "terreuse" que les 2 précédents. On retrouve les cendres (bien approprié l'image du feu sur l'étui), puis une bouche plus astringente, florale aussi. C'est encore une fois bien agréable et je n'attendais pas autant dans ce rapport qualité-prix.

  • LONGROW 14 ans

Retour à proximité d'Islay tout en demeurant sur le "continent" avec la presqu'île de Campbeltown. Longrow, c'est toujours un succès et une patte inimitable. Bien que le CV fut dégusté récemment (séance février) la distillerie fut plus difficilement retrouvée par les membres du Club. Certes, les épices, omniprésentes / CV, sont plus fondues (poivre vraiment, gingembre, ...) mais c'est un malt totalement atypique. Est-ce le fut de Xérès ? La distillation ? Longrow offre une complexité d'arômes, une tourbe fondue, ... qui oriente sur un âge plus vénérable. Le marketing l'a bien compris en positionnant le prix à hauteur des sensations. C'est un régal qui a un prix, mais c'est un régal. Longrow_14_ans.jpg

Malheureusement, le monde du whisky suit le même chemin avec des 10-15 ans qui frôlent depuis peu les 80-100 € (W&M, Douglas Laing, ...) en tout cas sur le marché français ... La séance devait s'enrichir d'une version indépendante historique de retour en France. Finalement elle arrivera plus tard, à un prix très élevé. Bref, en approvisionnement, séries limitées, prix indécents, ... le marché français du Whisky effectue une mue qui ne nous plait pas. Le Club Whisky voit son importance renforcée : il devient nécessaire de tester pour trier. Et nous allons tout tester !

Prochain RDV, en Juin : Nouveautés !
Et certainement une séance surprise en plus ...